Powered by Invision Power Board


Forum Rules Bienvenue dans le Centre culturel

Les différentes salles abritent plutôt les présentations et critiques tandis que l'espace central du Centre culturel accueille diverses discussions sur tout objet que vous considérez comme culturel.

Pages : 1 2 | Première | Précédente ( Aller vers premier message non lu ) Reply to this topicStart new topicStart Poll

> Des BD pour les vacances, Un topic qu'il est intéressant ohlàlà oui
Eölen
Écrit le : Dimanche 01 Septembre 2013 à 13h58


Fondateur pas dans la main
Group Icon

Groupe : Admin
Messages : 2 596
Membre n° : 15
Inscrit le : 03/01/2003




Ahlala mais tu nous offres là à boire, à manger et des digestifs à n'en plus finir !

A vrai dire, je ne connais rien de ce que tu proposes depuis la dernière fois que je suis passé, mais comme je trouve tes présentations très chouettes, je viens dire au moins que ça m'intéresse et que je continue à te lire. Et aussi que la page est beaucoup trop longue à charger et que, ouf voilà la page 2 (si comme moi vous affichez 20 messages par page) !

Tu nous a mis deux fois des planches avec des gens qui veulent sauter, et c'est un petit peu inquiétant, mais bon, les deux ont l'air particulièrement rigolo du ciboulot !

La BD avec la personne folle m'attire moins, je ne suis pas très fan de l'art brut et des recherches de sens qui s'en rapproche, à moins qu'il y ait une création de langue là dessous :P

L'homme à la tête de vis a l'air très bien.
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Mardi 03 Septembre 2013 à 13h14


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Aha ! Éhé ! En effet je viens de me rendre compte des deux allusions au suicide, mais ça ne signifie rien du tout ! Rassure-toi tout va bien je ne compte sauter de nul part c'est une malheureuse coincidence.

Je suis aussi bien conscient que La Crane Rouge n'est pas un truc qui va parler à beaucoup de gens, mais bon j'ai essayé de sélectionner une série de livres les plus variés possibles. En comptant celui que je poste aujourd'hui il en reste encore 8 ! Et aujourd'hui c'est spécial pour Sven ses héros DC, je parle de tes terrifiants rivaux de chez Marvel ! Muéhéhéhé ! *Rire sardonique*

Love and War
Une aventure de Daredevil (en français le titre c'est "Guerre et Amour") (1989)
Par Franck Miller [scénario] et Bill Sienkiewicz [dessin] - États-Unis
Édité chez Marvel

Image attachée

Bien que j'éprouve une certaine fascination pour les super-héros "canoniques" (Superman, Spiderman, Ironman et les autres zouzous que tout le monde connait) je dois bien avouer qu'il est fort rare que je sois passioné par les comics les mettant en scène. Il y a bien quelques Batman que je tient en grande estime (Arkam Aslylum de McKean, Year One de Mazzucchelli, The Killing Joke de Moore), mais ils font figure d'exeption dans l'océan d'histoires que j'ai lu, et qui ne m'ont pas fait hausser un demi-sourcil. Si leur mythologie est souvent passionante, la mise en image de celle-ci est généralement confuse, trop dense pour un non-initié et, à mon grand regret, presque systématiquement empreinte de stéréotypes malheureux.

Ce tome de Daredevil fait donc figure d'exeption dans ma collection. Scénarisé par Miller, bien connu pour 300, Sin City ou encore la version originale de Batman Dark Knigh (où il arbore une superbe moustache), mais aussi pour être un sacré enfoiré réactionaire de superdroite (c'est un peu l'antagoniste d'Alan Moore d'ailleurs c'est marrant, et ils ont révolutioné le monde du comics à peu près au même moment); et dessiné par Bill Sienkiewicz, un auteur très peu connu mais qui a contribué grandement à l'essor d'une certaine liberté graphique dans la BD américaine, et inspiré de nombreux auteurs au talent plus reconnu aujourd'hui tels qu'Ashley Wood, David Mack ou George Pratt (oui j'ai décidé de citer plein de noms aujourd'hui, je veux que vous admiriez ma GROSSE CULTURE). Qu'on apprécie les larons ou pas, c'est donc à la collaboration de deux grosses pointures qu'on a affaire ici, et si l'aventure n'est pas très longue, on sent bien que les auteurs ne sont pas n'importe qui.

Image attachée

D'un point de vue esthétique, si le dessin de Sienkiewicz - l'homme au nom imprononcable - a quelque chose de vieillot, notament dans le choix des couleurs un peu délavées, on ne peut décament pas lui retirer son style unique et le fourmillement de trouvailles et d'intelligences graphiques, ainsi que l'alliance d'une grande technique avec une liberté parfois sauvage. Les visages et les corps se déforment, les textes s'invitent dans les dessins, les traits disparaissent ou deviennent violents, les textures s'applatissent ou prennent un volume inatendu. Il en ressort une vision unique de l'univers de Daredevil et de ses personnages, quelque chose qui prend pied dans le comics "classique" pour se propulser dans un monde différent, conservant ses origines tout en les défigurant juste comme il faut.

Quand à l'histoire, on a beau penser ce qu'on veut de ce gros [Censuré] de Franck Miller, ce type sait vraiment écrire des trucs extras quand il en a envie. Je crois que Love and War est simplement ma préférée de celles que j'ai lu de lui. Trois personnages principaux se croisent, et au final c'est le héros qui donne son nom au livre qui aura le moins d'importance. Les deux méchants : Victor (un tueur psychopate) et le Caid (chef de la pègre ultime) seront bien plus intéressants à suivre que le loustic aveugle en collants rouges. L'action passe bien vite au second plan, à l'avantage de drames humains, de contes de fées, de monologues décomposés, le tout formant une fresque tragique et subtile, laissant découvrir sous une autre lumière un type de BD qui n'a pas l'habitude de ce genre d'exercice. Et diable, que la mythologie moderne est chouette quand elle est déformée.

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Dimanche 08 Septembre 2013 à 21h25


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




J'ai aussi déjà parlé de cette BD, mais bon, [copié collé de la justification pour Number 5]

Le Bibendum Céleste
T.1 (1994)
Par Nicolas de Crécy - France
Édité aux Humanoïdes Associés

Image attachée

Le premier truc épatant chez Nicolas de Crécy c'est son style graphique, si dense et varié, avec des pages aux techniques radicalement différentes (sans aucune justification narrative, et tant mieux), et des cascades de décors dégoulinants, ses milliers de petits traits et/ou ses matières de peinture plof plof. C'est vivant-exposant-dix, les voitures roulent en gondolant, les chiens respirent, les immeubles aussi. Par ailleurs la maitrise des couleurs est complètement dingo, notament le contraste bleu et rouge qu'il a l'air de vraiment beaucoup aimer. La tâche graphique a d'ailleurs l'air si grande qu'elle décroit malheureusement un peu au cours de la trilogie, avec un dernier tome un peu moins fourmillant et wahou, et où la couleur à l'ordinateur prend un peu le pas sur des aproches plus organiques (mais ça reste très beau hein, c'est pas ce que je dis). C'est un travail de l'image d'une telle maestria qu'il se suffirait certainement à lui-même, et qu'il a d'ailleurs propulsé de Crécy dans la hype supra-cool de la BD sans que la plupart n'aient prit conaissance de ses histoires.

Et c'est domage parce que ses histoires, aussi oniriques et étranges soient-elles, valent carrément le trait qui les représente. Le monde de de Crécy est inatendu et bizarre. Au final peu de choses sont racontées dans ces trois tomes, mais le tricotage que forme l'ensemble de ces personnages, situations et dialogues exquis crée une sorte de rêve prophétique, drôle et inquiétant, à la conclusion mystique. Il y a une sensation de grandeur qui sort de ces cases, un sentiment provoqué par une oeuvre qui - si elle ne fait pas toujours sens de façon carthésienne - narre tout de même une épopée peuplée de faux héros et de diables rouges, un truc extra qui se permet même de casser le quatrième mur avec intelligence à un moment. Bravo l'artiste, comme disent les neuneus.

Image attachée

Image attachée

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Mercredi 11 Septembre 2013 à 14h07


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




L'Oeuf des Ténèbres
La Quête de l'Oiseau du Temps T.4 (1987)
Par Serge le Tendre [scénario] et Régis Loisel [dessin] - France
Édité chez Dargaud

Image attachée

J'ai fait ma sélection de BD super cools avant de les relire, et là ben j'aurais peut-être du être plus méfiant envers le fiéleux sentiment de nostalgie sur le coup. En effet, si le Grand Pouvoir du Chninkel est toujours aussi fascinant qu'à l'époque de mon enfance, force est de constater que la Quête de l'Oiseau du Temps, bien que plein de qualités, a prit un sacré coup dans mon estime une fois tirés les voiles du sentimentalisme. Mais bon je vais vous en parler quand même car j'avais décidé ainsi et que je suis une personne qui assume ses choix.

Image attachée

Alors bon l'histoire : Ramor, dieu maudit, est enfermé dans une conque diabolique, et va être libéré dans 9 jours si le vieux chevalier Bragon, sa fille Pélisse, et ses autres compagnons d'aventure ne se dépèchent de retrouver le légendaire Oiseau du Temps. Si les deux premiers tomes font preuve d'un grand classicisme (et du sexisme heroic-fantasy qui va systématiquement avec, youpie), les deux suivants sont tout de même un peu plus fins, et mettent en cases quelques situations plutôt classes, étranges et désespérées. Quelques idées mêmes, que je ne vous révèlerai pas pour ne pas violement vous spoiler, sont vachement intelligentes et bien introduites, et le tout se conclut par un final très réussi, qui a lui seul donne déjà beaucoup de raisons de pardonner aux défauts du cycle. Malheureusement la narration est trop ampoulée - il y a abondance de cartouches explicatives inutiles - et tombe régulièrement dans des gags faciles déjà lus et re-lus dans vingts autres BD du genre. Alors certes à l'époque Lanfeust n'existait pas encore, et ils sont peut-être même précurseurs de ce ton (je ne sais pas), mais n'empêche qu'aujourd'hui il a vieilli et est devenu une caricature de lui-même. Et ça lui cause préjudice, quelle que soit sa bonne foi.

Le dessin quand à lui est juste à la limite entre ce même classicisme et un trait plus personnel. Certains décors, monstres et même personnages sont tout à fait uniques, tandis que d'autres ne semblent être des clones standards d'archétypes ennuyeux. Néamoins (et étrangement) le tout s'allie plutôt bien et si, à nouveau, quelques maladresses un peu tristes entachent le tout - comme par exemples des onomatopées super moches - cela se se regarde véritablement sans déplaisir, avec même pas mal de jolies pages. A noter aussi que les couleurs des éditions actuellement en vente ont été refaites parce qu'à l'époque celles des deux premiers tomes étaient vraiment dégueulasses. Donc ça, c'est bien.

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Mardi 17 Septembre 2013 à 01h10


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Good-bye Chunky Rice
(1999)
Par Craig Thompson - États-Unis
Édité en France chez Casterman, en vrai chez Top Shelf

Image attachée

Chunky Rice est une petite tortue, et elle veut quitter la ville sans autre but que de trouver quelque chose d'autre, ailleurs. Mais ce faisant, elle va abandonner son amie souris, Dandel. Et c'est un peu triste. Pas un drama larmoyant et terrible, mais une histoire simple et avec plein de petits bouts de réel, qui me touche exactement où il faut pour me rendre malheureux. Quelques personnages, quelques situations, pas de vraie fin, ni de vrai début: un bout de gateau au goût de regret. Pas de complications non plus, le ton est même un peu naïf avec une typo rigolote qui fait des boucles, mais des petits détails simples qui fonctionnent très bien, et quelques idées farfelues donnent à ce livre - qui se lit plutôt vite - son ambiance particulière.

Par ailleurs si ce n'est pas le plus beau livre de Craig Thompson, c'est aussi son premier, on peut donc se permettre un peu d'indulgence - d'autant que certaines cases sont tout de même superbes et que l'ensemble reste rempli d'idées graphiques et de mise en cases tout à fait ingénieuses. Le dessin, aussi mignon qu'expressif, sert super bien le propos, juste à mi-chemin entre la fable pour enfant et l'auto-bio d'auteur déprimé. Good-Bye Chunky Rice est vraiment un bouquin réussi, cohérent et émouvant avec de l'inventivité. onze sur dix.

Image attachée

Image attachée

Et la couverture de la version française la plus simple à trouver (il y en a eu une autre, identique à la version originale, mais qui est aujourd'hui quasiment disparue)

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Mercredi 18 Septembre 2013 à 17h32


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Suburbia
(2013)
Par Sardine Animal - France
Auto-édité

Image attachée

J'ai choisi de parler de Suburbia parce qu'au moins comme ça ça fera un livre qui date de 2013, mais en vrai les petites histoires de Sardine Animal sont si courtes, que y'aura déjà sans doute autant de mots dans cette première (et plutôt longue) phrase que dans l'entièreté du bouquin sus-cité. Alors on va plutôt évoquer tous les trucs que j'ai dans ma bibliothèque et qui ont été dessinés par les deux filles de Sardine Animal, parce que ça dépote. Et puis, pour continuer dans la variété de ce que je vous propose, c'est issu du monde du fanzinat, ça veut dire que c'est des objets photocopiés en tout petit tirages. Totalement alternatif, ultra underground, super stylé-hype hastag cooloïde.

Image attachée

Alors heu déjà j'aime bien le dessin, il est maladroit exprès, et très stylisé en même temps. Il y a un côté naif enfantin qu'on retrouve dans les dialogues, voir les typos (dans Mégasaure par exemple, tout est écrit en lié). Ca se renouvelle tout en restant cohérent, la pate reste présente dans tous les livres, mais on y trouve à chaque fois des choses un peu différentes (par exemple dans Et toi, ça a saigné ?, y'a des photos, ou dans L'os de Poulet, des petits croquis en couleur - alors que les autres sont en noir et blanc). Sans compter les idées de jeu sur le format, avec des livres allant du petit au miniscule, avec des pages colorées, du papier quadrillé ou même des feuilles transparentes. Les objets sont non seulement jolis par leur contenu, mais par leur forme. Et ça, c'est bingo-bravo.

Tout comme le dessin, le fond diffère dans chaque histoire, tout en formant un ensemble homogène. Si Suburbia ne présente en fait qu'une série de clichés où le texte n'est même pas forcément en corélation avec l'image (et c'est très bien ainsi), les autres livres que j'ai lu sont plus narratifs tout en restant très évasifs et flous. Il y a toujours un peu d'humour, un peu d'enfance, et j'ai noté deux fois des apparitions d'oiseaux morts. Les récits de Sardine Animal sont simples, rigolos et bizarres, comme des souvenirs d'aventures inventées dans le jardin. Et bon ben, voilà, vraiment c'est bien, et puis si vous achetez leurs livres elles pourront aller au ski comme prévu (c'est ce qui est marqué dans "Et toi, ça a saigné ?").

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Samedi 21 Septembre 2013 à 11h26


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Akira
6 Tomes (dessinés de 1982 à 1990)
Par Katsuhiro Otomo et son armée d'assistants - Japon
Édité en France chez Glénat, en vrai chez Kodansha

Image attachée

Si Akira était de la musique, ça serait une symphonie prodgieuse durant plusieurs heures et utilisant chaque instrument de l'orchestre, même le térémine pour faire des solos. Ces six énormes tomes en noir et blanc, aux pages fines comme celles de la bible, sont si riches et semblent résulter d'un tel effort technique, qu'elles ne peuvent que stupéfier même le zouzou le plus allergique aux mangas. Ca commence bien cette review, j'en suis déjà aux comparaisons improbables et aux louanges hyperbolisées. Mais c'est parce que c'est si bien, vous comprenez ?

Akira raconte une histoire bien trop dense pour être résumée facilement, même le film de plus de deux heures - adapté par l'auteur lui-même - échoue à condenser ne serait-ce qu'un quart du contenu incroyable de l'histoire originale (ça reste un très bon dessin animé néanmoins). En gros ça parle de jeunes mal intégrés, de drogue, de motos, de pouvoirs psychiques secrets, de l'armée, de la fin du monde, mais aussi de politique (de la démocratie foireuse à l'anarchie, tout en passant par un totalitarisme chaotique et un état militaire), de religion, d'amour, d'amitié, et puis d'explosions géantes et de gros lasers de l'espace, le tout dans un monde post-apo high-tech, où les batiments, de par l'aspect improbable de leur architecture et de la symbolique qu'ils représentent dans le contexte, peuvent sans aucun problème être considérés comme des personnages à part entière. Se rajoutant donc à un casting en comportant déjà facilement une quinzaine.

Image attachée

Ce qui épate dans Akira c'est la maitrise spectaculaire de chaque aspect du médium : le dessin est d'une précision et d'une exactitude à rendre fou tout en conservant sa pate particulière (dessiner des immeubles qui s'écrasent sur d'autres immeubles avec des gens qui sont projetés dans tous les sens, le tout avec plusieurs points de vue différents, et tout en restant tout à fait lisible, n'est qu'une des très nombreuses prouesses graphiques réalisées tout au long de l'histoire), chaque cadrage semble murement réfléchi (alors qu'ils se comptent en MILLIERS), quand à l'histoire elle est magnifique et racontée avec brio, sans jamais que la tension ou l'attention du lecteur ne se relachent. C'est un travail d'orfèvre à la longueur impossible, et je ne connais actuellement aucune BD réussissant à faire preuve d'une telle technicité sur un nombre aussi gigantesque de pages, tout en conservant un humour, une fraicheur et une certaine intelligence.

Oui car il est à noter aussi que même si les aventures de Tetsuo, Kei, Kanéda et les autres sont principalement émaillées de scènes d'action, de courses en moto et d'explosions toujours plus géantes, Otomo n'a pas pour autant rangé son cerveau au placard. Il y a tant à dire sur le fond d'Akira : absence de manichéisme, humanité des rôles principaux autant que des foules, égalité totale des personnages masculins et féminins, allusions à la guerre atomique et à certains projets américains tels que Mkultra (n'allez pas voir sur Wikipedia si vous ne voulez pas être triste). Cette oeuvre est diséquable sur des livres entiers d'analyse. Akira est une référence absolue, un indispensable, un monolyte prodigieux. Il faut vraiment les lire. Pas la version en couleurs, par contre, s'il vout plait.

Image attachée

Et une petite explosion en bonus.

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Samedi 12 Octobre 2013 à 00h30


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Commissaire Toumi
(2008)
Par Anouk Ricard - France
Édité chez Sarbacane

Image attachée

Mince on est plus du tout l'été et il me restait encore deux BD à chroniquer que je laisse trainer depuis super longtemps. Mais heureusement il n'est jamais trop  tard pour bien faire alors hop voilà l'antépénultième. Commissaire Toumi c'est quatre petites enquêtes un peu bidon en compagnie du chien qui porte le même nom (et qui ressemble incroyablement à Jake d'Adventure Time), et de Stucky son side-kick super débile. Il y a du meurtre, des enlèvements, des serial-killers et des déguisements idiots, c'est dessiné de façon "plus-naïve-tu-meurs" avec même l'écriture en lié et c'est drôlement rigolo.

Commissaire Toumi est une excellente BD à lire sous les palmiers durant vos vacances avec un jus de noix de coco entre les orteils. C'est comique à souhait, jamais prise de tête, jamais vulgaire ou trop absurde comme d'autres trucs d'humour que j'ai présenté avant. C'est juste super crétin, ça se lit comme on mange une glace. Par contre c'est pas parce que c'est naïf que c'est pas pour les adultes, et ce, même si y'a des mignones photos de petites poupées entre chaque enquête. Lisez-le une fois quand même avant de l'offrir à votre petite nièce, il est possible qu'elle comprenne pas bien sinon, et de toutes façons je comprend rien aux gamins. Mais moi j'aime beaucoup Comissaire Toumi.

Image attachée

Image attachée

Cette deuxième planche a été scannée et ça a fait ces droles de petites lignes dégueulasses. C'est pas comme ça dans le livre.
PMEmail PosterUsers Website
Top
Megamoi
Écrit le : Lundi 14 Octobre 2013 à 20h35


C'est ma faute.
Group Icon

Groupe : Citoyens
Messages : 917
Membre n° : 627
Inscrit le : 28/11/2004




C'est rigolo, graphiquement ça ressemblerait presque à la véritable histoire de George Clooney.

Du reste, chacun de tes posts dans cette rubrique depuis septembre et une provocation pour tous ceux qui ne sont plus en vacances vil félon ! XD
PMEmail Poster
Top
Mortis Ghost
Écrit le : Samedi 19 Octobre 2013 à 18h24


Le quatre-vingt septième fantôme
Group Icon

Groupe : Super Modérateurs
Messages : 1 761
Membre n° : 74
Inscrit le : 17/04/2003




Désolé Mega, en plus si j'avais pas tant trainé pour faire les dernières j'aurais pas tant fait étalage jusqu'à aujourd'hui. Mais après celle-ci c'est terminé, du moins pour le moment ^^

Et le parrallèle avec la véritable histoire de Georges Clooney est assez juste, c'est tout à fait le même genre d'humour.

Uncle Gabby
Une histoire de Sock Monkey (2004)
Par Tony Millionaire - États-Unis
Couleurs par Jim Campbell
Édité chez Rackham, et en vrai chez Dark Horse

Image attachée

Tony Millionaire est un auteur alcoolique très bizarre, au dessin aussi pur qu'imparfait, capable de faire des blagues super-crades avec des revolvers, du vomi et des parties génitales, puis juste après de dessiner une histoire empreinte d'une poésie magnifique avec les mêmes personnages. Un type étrange, mais touchant, dont le coeur, bien que noyé au fond d'un thorax rempli à ras bord de mauvaise bibine puante, semble touché par la douce grâce d'un ange. Il est surtout connu pour sa série de strips Drinky Crow, qui illustre très bien ces deux faces de sa personalité, avec des gags pathétiques ou graveleux, suivis sans transition de cases parfaites, de moments suspendus et suréalistes, où les bateaux pirates roulent dans le désert et où la lune prend feu.

La dernière BD de ma sélection d'été (la saison s'arrête quand je l'ai décidé d'abord, c'est pas un fichu 21 septembre qui fera la loi dans mon topic) ne fait pas partie de cette série de strips, mais d'une collection d'histoires mettant en scène une peluche de singe : Sock Monkey. N'ayant pas lu d'autres épisodes, je ne peux pas dire si ils se complètent, mais Uncle Gabby se lit parfaitement tout seul de toutes façons. Le personnage éponyme est membre de la société des poètes, et invité par ses deux amis - une poupée chauve et un corbeau aux yeux fait de boutons - à monter dans une cariole tirée par des chiots pour retrouver la maison de l'énigmatique Ann-Louise. L'histoire est très courte et se lit en dix minutes, mais possède néamoins tant d'ingrédients parfaits que c'en est stupéfiant.

Image attachée

Tout est délicieux dans Uncle Gabby : le graphisme, sans être architectural, est très juste, mais garde néamoins un minuscule quota d'incertitude dans le trait qui lui donne une vie et un syle uniques, le tout étant sublimé par de magnifiques couleurs. Par ailleurs les très grandes cases permettent à Millionaire de faire étalage de son talent bien trop souvent coincé dans les minuscules carrés des strips américains. Le scénario lui aussi est brillant, très simple et pourtant très dense, avec un peu d'humour cruel, de nostalgie douce, et un final d'une fulgurance prodigieuse, le tout enrobé dans un voile onirique et étrange à base d'aventures fantastiques, de mongolfières, de monstres volants et d'étranges souvenirs.

Uncle Gabby n'est pas ma BD préférée de tous les temps, mais elle n'échappe au titre que de peu, et tout ce qui la compose est si beau et lumineux que je ne pouvais en choisir aucune autre pour cloturer ma série de chroniques estivales. Sur ce je vous enjoint tous à aller l'emprunter sur le champ au biblio-bus le plus proche.

Image attachée

Et pour cloturer, la couverture d'un autre livre de la collection (que je n'ai donc pas lu) c'est joli, hein ?

Image attachée
PMEmail PosterUsers Website
Top
0 utilisateur(s) sur ce sujet (0 invités et 0 utilisateurs anonymes)
0 membres :

Topic OptionsPages : 1 2 | Première | Précédente Reply to this topicStart new topicStart Poll

 


Habillé par Shadowillusions

Sites de nos membres :
Le blog de Mortis Ghost Le site de la réécriture Avatar RPG Le site de Fauna Friends